Aujourd’hui, un texte un peu plus court mais pas moins inspiré pour autant ! Nous avons pour habitude, dans la communauté, de nous lancer des petits défis le vendredi pour décompresser de la semaine. Les textes doivent être plus courts et avec moins de contraintes. Celui que je vous partage ici devait incorporer une liste de 7 mots proposés par les membres de la communauté :

  • Arbre
  • Lambic
  • Capillaire
  • Strapontin
  • Urbain
  • Exaltation
  • Pizza

Plongeons ensemble dans une ambiance “polar noir” pour ma proposition de ce défi, en espèrant qu’elle vous plaira ! N’hésitez pas a me faire vos retours dans les commentaires ou sur Twitter !

Assis sur mon strapontin, je garde les yeux fixés sur ma cible, alors que Tony Curtis et Marilyn Monroe se démènent sur le grand écran situé devant moi, supportant des folies capillaires difficiles à regarder. Et c’est tant mieux car j’ai une autre mission : surveiller cette pourriture communiste assise devant moi, en train de manger sa pizza, comme si de rien n’était.

Je fais claquer mon briquet et allume ma cigarette. Fichue habitude, je sais, mais quand on file des gens à longueur de journée, on a bien droit à des petits plaisirs coupables, une maigre exaltation des sens pour ne pas succomber aux salopards qu’on croise dans ce boulot. Je prends une grande inspiration, la fumée me brûle la trachée et les poumons, mais les récepteurs dans mon cerveau sont en ébullition. Je me sens invincible.

La chasse aux sorcières a beau être terminée depuis une demi douzaine d’années, hors de question que je rende les armes. Ces salopards de rouges nous ont infiltré, et j’ai bien l’intention de tous me les farcir, seul s’il le faut. Alors que l’objet de ma filature sort du cinéma, la montée d’adrénaline couplée à ma dose de nicotine me donnent l’impulsion nécessaire. Je le suis de loin jusqu’à un petit parc, je le colle contre un arbre et lui plante ma lame dans l’estomac. Du sang gicle sur mon imper et mon chapeau, du sang rouge, rouge comme cette ordure. Je les jette dans une poubelle avoisinante, et entre dans le premier bouge que je trouve.

Piteux, sale, malfamé, et toujours ce jazz qui tourne partout. Je m’assois au premier tabouret libre, et commande un sky on the rock au barman, qui me regarde d’un air louche.

— Un whisky, pour un gentleman comme vous ?

— Ouais, et dépêche un peu.

— Sinon j’ai une lambic à vous proposer, c’est nouveau, et ça va faire sensatio…

— Un sky. On the rock.

— Eh ben. Monsieur est bien urbain…

Il me sert mon verre, que je bois cul-sec avant de m’en regriller une, satisfait du devoir accompli.