Petite nouvelle un peu particulière aujourd’hui, puisqu’elle correspond a quelque chose que j’ai écrit il y a quelques mois dans le cadre d’un concours proposé par la maison d’auto-édition Librinova et le magazine LiRE, dont le thème était “Un numéro qu’il/elle ne connaissait pas s'était affiché sur l'écran”. Malheureusement, n’ayant pas été retenu, je publie le texte ici, car mine de rien j’en suis plutôt fier !

Comme souvent, j’ai mis beaucoup de moi dans ce texte. Allant puiser l’inspiration dans une période un peu sombre pour moi, datant d’il y a quelques mois. J’espère que le texte vous plaira, n’hésitez pas a me donner votre avis ici dans les commentaires ou bien sur Twitter ! A bientôt !

Marc monta dans l’ascenseur. Celui qu’il empruntait depuis des années, tous les jours, pour se rendre à son bureau, passer sa journée sur un ordinateur à faire un métier qui le rendait malheureux, avant de rentrer chez lui grâce à des transports bondés, en retard ou en mauvais état, dans le meilleur des cas. Il passait le plus clair de son temps loin de son chez lui, de sa femme, de son endroit sûr. Quand il y était, quand il la serrait dans ses bras, il se sentait libre, il se sentait vivre. Si seulement ces moments avaient pu être plus présents. Sa femme était sa bouée de sauvetage et, plus le temps avançait, plus les moments où il pouvait remonter à la surface pour la saisir se faisaient rare.

Aujourd’hui était un jour différent, cependant. Dans cette boîte métallique le faisant monter dans les étages de la multinationale qui faisait de lui un esclave moderne, il avait l’intention de mettre fin à ce cycle infernal. Il croisa nombre de ses collègues : certains qu’il ne voyait qu’à la cantine et qui ne lui firent qu’un mouvement de tête entendu, d’autres, plus proches, qui lui échangèrent les formules de politesse usuelles, un « comment ça va ? » envoyé sans vraiment attendre de réponse. Puis il croisa Antoine, son voisin d’open space et ce qui ressemblait le plus à un meilleur ami. Lui le connaissait, et lui vit que quelque chose n’allait pas vraiment.

— Salut Marc, tu vas bien ? T’as l’air un peu pâle, ce matin.

Il ne répondit pas, lui faisant uniquement un sourire. L’ascenseur continuait à les faire progresser de plus en plus haut dans la tour, faisant défiler les chiffres des étages. Il s’arrêta finalement au sixième étage, celui de son open space. Ils n’étaient plus que deux dans l’ascenseur à ce moment-là, et Antoine sortit de l’habitacle.

— Ben alors, tu viens pas ?

— Nan. J’ai… un rendez-vous, plus haut.

— T’es sûr que tout va bien, mon pote ? Tu me fais un peu peur, là…

— T’inquiète pas pour moi, je gère, comme d’hab.

Antoine lui jeta un regard inquiet, mais prit la direction de sa place dans le grand bureau ouvert.

— OK, on va dire que je te crois. Mais dès que tu as fini tes affaires là-haut, on prend un café et tu me racontes tout. T’as pas le choix, c’est pas une question.

— Oui, chef !

Les portes se refermèrent, et Marc effaça son sourire de façade. Il n’y aurait pas « d’après ses affaires », mais Antoine n’avait pas besoin de le savoir. Il l’apprendrait bien assez tôt, de toute façon. Ils l’apprendraient tous bien assez tôt.

L’ascenseur atteignit finalement le dernier étage auquel il avait accès. Seules quelques marches le séparaient maintenant de la porte ouvrant vers le toit de l’immeuble. Sa dernière destination, son échappatoire. Il poussa la lourde porte de sécurité, qu’il laissa claquer avec fracas derrière lui, scellant son destin. Il s’approcha lentement du bord, enjamba et monta sur le rebord, le précipice s’ouvrant devant lui.

Une peur viscérale emplit son cœur et son estomac. Il avait pris sa décision, il voulait le faire, mais devant le fait accompli, d’un coup, il se trouvait paralysé, transi par l’effroi de la chute qui l’attendait. Il se balançait, d’avant en arrière, contemplant le vide, se projetant dans sa prochaine action à réaliser sans se résoudre à le faire.

En bas de l’immeuble, de nombreux passants s’arrêtaient en pointant Marc du doigt, sortant leur téléphone portable pour immortaliser la scène. Quelques-uns eurent tout de même la présence d’esprit de prévenir la police. Des murmures et des cris commençaient à monter, quand l’alarme de la tour se fit entendre. Les employés sortaient, un par un, comme le veut le protocole. Antoine finit par franchir la porte et, sous le regard effrayé de son entourage, leva les yeux pour découvrir le spectacle effrayant qui se déroulait devant eux.

Plusieurs voitures de police arrivèrent, déroulant un cordon de sécurité autour de l’immeuble. Les officiers des forces de l’ordre firent reculer les badauds, au cas où le pire se produirait.

Un homme aux longs cheveux blancs sortit d’une des voitures, prit un élastique et les arrangea en queue de cheval dans un geste mécanique, qu’il avait manifestement l’habitude de faire. Il cria et s’adressa à l’homme en haut du toit.

— Bonjour, je suis l’inspecteur Villeneuve, médiateur de la Police Nationale pour ce genre de situation. Je suis là pour vous éviter de faire la plus grosse connerie de votre vie. Alors, et si vous me disiez comment vous vous appelez ?

— Je… Je m’appelle Marc.

— Salut Marc. Ça vous dirait pas de descendre de là ? C’est un peu dangereux, ce que vous nous faites, vous inquiétez tout le monde !

Il parla à côté, sans crier; à un des policiers en tenue :

— Trouvez-moi quelqu’un ici qui connaît ce mec, et aussi un moyen de monter là-haut. Faut que je parle à ce gamin.

Marc répondit :

— J’en ai pas spécialement envie, non merci.

— Allons mon garçon, pourquoi est-ce que vous faites ça ? Qu’est-ce qui vous est arrivé, pour en arriver là ?

— J’ai pas envie d’en parler. Partez, s’il vous plaît, je vais sauter !

— Non, vous allez pas sauter. Je le sais très bien.

— Co… Comment ça, vous le savez ?

— Parce que les mecs qui veulent sauter, ils sautent, ils préviennent pas avant et ils restent pas perchés là-haut pendant deux heures ! Alors si tu veux sauter, gamin, saute !

L’assistance retint son souffle, choquée par l’attitude de l’inspecteur. Venait-il vraiment d’inviter l’homme à sauter de tout là-haut ?

— Je… Vous ne me connaissez pas, arrêtez de croire que vous savez pourquoi je suis là !

— Non, c’est vrai Marc, je ne te connais pas du tout. Alors explique-moi, qu’est-ce qui se passe dans ta vie pour vouloir en finir ?

— Je veux pas en parler.

— Alors pourquoi ce spectacle ? Pourquoi rester là, si c’est pour ne pas parler ?

— Parce que je sais pas quoi faire. J’ose pas…

— Tu oses pas sauter ? C’est bien, ça, c’est qu’il reste quelque chose qui te retient là- haut. T’as pas envie de descendre pour qu’on en discute autour d’un bon café ?

— J’aime pas ça, le café. Et je peux pas descendre. Pas autrement que… Par là, en face de moi.

— Allons, dis pas de conneries, je suis sûr qu’on peut trouver un moyen.

— Chef ? Inspecteur Villeneuve ?

Un policier en uniforme venait d’arriver à ses côtés, tenant par le bras Antoine.

— Je vous présente Antoine, un des collègues de Marc.

— Salut Antoine. Écoute-moi bien, j’ai roulé ma bosse et j’ai l’habitude de ces situations, alors fais très attention à ce que je vais te dire. L’important, ici, c’est de garder Marc attaché à ce qu’il aime, ce qu’il connaît, les bons moments, compris ? Alors t’as ça dans un coin, on va y arriver ?

— Je… Je crois. J’en sais rien. C’est vide, dans ma tête qu’est-ce que…

— Tu te calmes. Le sang-froid c’est primordial, OK ?

— Ou… Oui, inspecteur.

— Allez, t’es prêt ?

Puis, criant à nouveau :

— Marc ? J’ai quelqu’un pour toi, ici, c’est ton vieux copain Antoine. Ça te dit de lui parler un peu ?

L’inspecteur se tourna vers Antoine, livide, se tenant à côté de lui.

— Salut Marc, alors, t’as oublié ta promesse ? On devait se faire un café après ton rendez-vous, mon pote…

— Ouais. Désolé, je crois que j’aurai un peu de retard, mec.

— T’es con, tu sais ?

— Je… J’en peux plus Antoine. De tout ça, du boulot, des transports… Tu sais ce que c’est, toi.

— Ouais, je sais, mais tu me vois pas là-haut, pourtant, pas vrai ?

L’inspecteur jeta un œil satisfait à Antoine.

— Sérieux, mec. Descends. Tu peux pas m’abandonner dans cette entreprise de merde, qu’est-ce que je vais faire après, moi ?

— Tu trouveras quelqu’un d’autre, j’ai rien d’exceptionnel.

— Rien d’exceptionnel ? Tu te fous de ma gueule ! Ça fait quoi, cinq ans, qu’on bosse ensemble ? J’ai jamais eu un collègue aussi drôle que toi. Toutes ces heures qu’on passe à faire ce job à la con, qui ne nous stimule plus depuis longtemps, sans possibilité d’avancement ou de challenge, mais toi, t’es toujours là, toujours le mot pour rire, si tu savais le nombre de fois où j’ai failli partir en claquant la porte, mais où je suis resté parce que je me sentais mieux après nos pauses déjeuner !

— Mais ça change rien ça ! C’est pas un vrai rire, c’est… Rien du tout.

— C’est pas rien, c’est tout pour moi. T’as été mon roc pendant ces cinq ans mon pote.

— Mais c’est plus suffisant ! Je suis malheureux toute la journée et j’y arrive plus. Je passe tout mon temps à bosser, je dors boulot, je respire boulot, dans les transports, la nuit, le matin, le jour, ça me tue, ça ne s’arrête jamais, et il faut que ça s’arrête, je suis épuisé !

— C’est pas la bonne façon. Claque la porte, pars loin. Partons tous les deux, même ! Et on monte un truc, on est intelligents, on a la tête sur les épaules, on est super sexy, enfin, surtout toi ! Allez, faisons ça tous les deux, mon ami, et soyons heureux.

— Je… Je peux pas. J’y arrive plus, Antoine. C’est fini.

Sans que personne ne s’en aperçoive, l’inspecteur Villeneuve et une patrouille de quelques hommes étaient entrés dans le bâtiment, laissant Antoine seul pour gérer la discussion. Marc, résigné, ferma les yeux et ouvrit les bras. La foule s’arrêta de respirer, le temps semblait figé, un silence glacial s’installa, comme si même les oiseaux attendaient de voir ce qu’il allait faire.

Marc ouvrit les yeux et mit machinalement la main dans sa poche, comme il avait l’habitude de le faire. Il en sortit l’appareil électronique et jeta un œil à la nouvelle notification, provenant d’un numéro inconnu. Il rangea nonchalamment son téléphone dans la poche intérieure, reprenant son petit projet là où il l’avait laissé précédemment. Les bras grands ouverts, il ferma de nouveau les yeux et un poids de plomb se fit sentir dans son estomac. Il prit une grande inspiration, laissant le vent frais le griser et l’accompagner dans ce dernier voyage, puis…

Derrière lui, on frappa doucement à la porte de sécurité qu’il avait claquée quelques instants auparavant. Le poids dans son ventre s’envola magiquement, lorsqu’il entendit la voix non déformée par le mégaphone de l’inspecteur Villeneuve.

— Salut Marc, tu me reconnais ?

— Comment vous oublier, inspecteur ? Je me disais aussi que, depuis quelques minutes, vous étiez bien silencieux, en bas. Je comprends mieux maintenant.

— J’allais quand même pas te laisser tout seul ici. Bon sang, il fait vachement froid, qu’est-ce que tu fous encore si près du bord ?

— Ben… La même chose qu’il y a une heure. Je vais sauter. J’allais le faire, mais j’ai reçu un SMS…

— Foutue dépendance à ces machines électroniques, pas vrai ? Même dans ta situation, t’as pas pu t’empêcher de regarder qui pensait à toi. Et alors, c’était qui ?

— Personne. Un faux numéro. Personne ne pense à moi. Si c’est pas une autre bonne raison de sauter, ça aussi.

— Mais c’est pas bientôt fini, Calimero ? T’as pensé à ton pote Antoine en bas ? Je l’ai entendu, pendant que je montais, vous avez partagé de bons moments, il t’apprécie beaucoup !

Marc ne répondit pas. Il baissa les yeux et regarda son collègue et ami, impuissant avec son mégaphone.

— Allez, descends, fais pas le con. Pense à ceux que tu aimes, je vois ton alliance d’ici, qu’est-ce qu’elle va penser, ta femme, de tout ça ?

— Elle… Je…

— Eh ben. On dirait que t’avais pas pensé à elle ? Ça va lui faire plaisir !

— Mais si. Il n’y a même qu’à elle que je pense. Elle mérite mieux que moi, que tout ça.

— Mais enfin, qu’est-ce que tu racontes ! Elle t’a choisi, toi, pour tout ce que tu es. Pour le meilleur et pour le pire, t’as oublié ?

— Je sais, mais…

— Mais rien du tout ! Tu lui as dit quoi, avant de partir au boulot ce matin ? Tu lui as dit ce que tu allais faire ?

— Bien sûr que non !

— Tu lui as laissé un message, une lettre ?

— Non…

— Donc tu vas te foutre en l’air, et la laisser penser qu’elle est la cause de tout ça ? Parce que c’est ça ce qui va se passer, Marc. Toi, tu te libères, tu t’affranchis de je ne sais quelle douleur que tu penses insurmontable. Mais pour ceux qui restent, pour Antoine, pour ta femme…

— Marie, interrompit Marc.

— Pour Antoine et pour Marie, pour ceux que tu laisses derrière, il n’y a que la tristesse, mais surtout l’incompréhension, le doute, la culpabilité. Alors c’est ça que tu veux, Marc ? Laisser tes proches penser que tout ça c’est de leur faute ?

Le silence tomba de nouveau comme une chape de béton sur le toit de l’immeuble. L’inspecteur Villeneuve s’approcha lentement de Marc, s’efforçant de ne faire aucun bruit, pour ne pas l’apeurer.

— Arrêtez-vous. Un pas de plus, et c’est moi qui avance d’un pas.

— OK, OK, c’est toi le boss.

Marc plongea de nouveau la main dans sa poche intérieure et ressortit son téléphone portable. Il le déverrouilla et lut le SMS qu’il avait reçu, du numéro inconnu. À peine quelques mots dans le message, mais suffisamment pour le toucher, le chambouler. Quatre mots simples, directs, qu’il n’avait encore jamais eus l’occasion de lire. Quatre mots qui avaient réveillé en lui une envie de vivre, une envie d’un futur. L’envie d’être à son tour le destinataire de ces quelques mots.

Dans son esprit, l’horizon disparut. Il n’était plus sur ce toit, en train de mettre sa vie en jeu. Il était de retour dans sa maison, dans son lit, avant leur mariage. Le jour où il avait compris qu’elle était la femme qu’il allait chérir pour toujours, qu’il voulait passer sa vie avec elle et fonder une famille.

Il était de retour dans le salon de ses parents, lorsqu’ils leur avaient annoncé le mariage, qu’il avait vu dans leurs yeux la perspective de connaître un jour leurs petits enfants, une famille…

Il revint dans le présent, quelques instants après, hors du temps. Les mains moites d’émotion, il laissa tomber le téléphone, qui termina sa chute sur le trottoir, explosé en un millier de petits morceaux. Les badauds regardèrent, choqués, le téléphone sur le sol. Étaient-ce les prémices de la chute de l’homme ? Ou bien un signe qu’il venait de reprendre ses esprits et avait abandonné son projet ? La foule, médusée, observait impuissante le spectacle se dérouler sous ses nombreux yeux, réels et virtuels.

Sur le toit, Marc continuait de ressasser les mots qu’il venait de lire. « Tu vas être papa. ». Il avait contemplé son téléphone jusqu’à l’impact. Son cerveau n’avait eu aucun mal à faire le parallèle. S’il avait eu le courage, s’il avait fait la plus grosse connerie de sa vie, s’il avait sauté, c’était sa boîte crânienne qui se serait retrouvée sur ce trottoir. Une peur panique et un effroi glacial emplirent son corps face à l’ignominie qu’il avait songé à commettre, puis, finalement, une irrésistible et nouvelle envie de vivre. Il recula d’un pas, puis d’un autre, puis d’encore un autre, jusqu’à se retrouver à plusieurs mètres du bord, tremblant, perdu.

L’inspecteur Villeneuve, qui avait laissé la scène se dérouler pour éviter de lui faire peur, s’approcha de Marc, une veste à la main, qu’il glissa autour des épaules du nouveau rescapé.

— Alors, c’était pas une bonne idée, de lire ce SMS ?

— Désolé, inspecteur. Je…

— Laisse tomber, gamin. T’as fait le bon choix, aujourd’hui, et le meilleur remerciement du monde, c’est de te voir là, bien vivant.

— Merci pour tout.

— J’ai rien fait, moi.

— Rien fait ? Si c’était pas pour vous, ou pour Antoine, j’aurais fini en bas, la tête sur le bitume.

— Mais tout ça, c’est des conneries, gamin ! C’est que du charabia et deux ou trois points de discussion qu’on nous apprend à l’école de police. Parler des amis, de la famille, les conjoints, faire culpabiliser…

— Ben ça a marché.

— Seulement parce que tu avais tout en toi, dès le début.

— Comment ça ?

— Cette lumière que t’as trouvé pour sortir des ténèbres, la force qui t’anime, cet espoir qui t’a donné envie de continuer à vivre, tout ça est là, en toi, et t’es le seul à pouvoir le trouver.

Marc, les yeux perdus dans le vide, ne répondit pas. L’inspecteur reprit :

— Je veux que tu me promettes une chose.

— Tout ce que vous voulez. Je vous dois bien ça.

— Même si t’as l’impression que c’est la merde, que tout est foutu, que rien ne va, que t’as envie d’en finir, repense à notre rencontre. Retrouve cette force que tu as au fond de toi, cette lumière, et fais en sorte de plus la perdre.

— Je… Je vais essayer.

— Nan, tu vas y arriver. Parce que t’es un mec bien, et parce que t’as des gens qui t’aiment. Oh, et une dernière chose ?

— Oui ?

— Envoie tous ces connards du boulot se faire foutre et va retrouver ta femme. Tu l’embrasses, tu la sers fort contre toi et tu lui dis que tout va bien se passer. Elle l’a bien mérité.

Marc et l’inspecteur descendirent du toit, et arrivèrent dans la rue. Les témoins les applaudissaient, Antoine sauta dans les bras de son ami, avant de le frapper derrière la tête.

— Plus jamais tu me fais une frayeur comme ça, t’as compris ?

— On en reparlera au prochain café, Antoine. Merci, mon ami.

— Y aura pas de prochain café. Dès que tu reviens, on démissionne de cette boîte de merde, et on monte notre propre truc. Et on va tout déchirer !

L’inspecteur Villeneuve s’excusa de les interrompre et mena Marc jusqu’à sa voiture de fonction. Ils roulèrent en silence jusqu’à la maison de l’homme et se saluèrent lorsqu’ils arrivèrent devant. Marc poussa la porte, monta trois par trois les escaliers menant à la chambre, et réveilla sa femme par un baiser passionné, comme s’il l’avait quittée depuis plusieurs mois et la retrouvait à peine. Marie ouvrit les yeux, étonnée de voir son mari si tôt revenu, et essaya de lui demander ce qu’il faisait là, mais Marc l’interrompit avant qu’elle ne puisse parler :

— Chérie, faisons un bébé.